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  • Vote électronique en Allemagne : sévére désaveu pour NEDAP

    ordinateur de vote NEDAPSuite à l'utilisation d'ordinateurs de vote NEDAP lors des élections législatives en septembre 2005, Ulrich Wiesner, et son père Joachim Wiesner, professeur émérite en science politique, avaient lancé une procédure judiciaire mettant en avant que l'utilisation de ces matériels électroniques portaient atteinte au respect du principe constitutionnel de la publicité du scrutin. Dans son arrêt du 03 mars 2009, la Cour constitutionnelle fédérale allemande a conclu que l’utilisation des ordinateurs de vote NEDAP lors des élections au Bundenstag s’avérait anti-constintutionnelle car il n’était pas possible pour les électeurs et les scrutateurs de vérifier le bon déroulement du scrutin ni le dépouillement des votes. La Cour constitutionnelle fédérale a précisé que toutes les étapes essentielles du scrutin devaient être directement vérifiables par les électeurs à tout moment, ceci sans connaissance informatiques particulières. Exigences élémentaires que les citoyens sont fondamentalement en droit d'attendre de scrutins qui se veulent se revendiquer démocratiques.

    Même si cet arrêt ne met pas fin à l'utilisation du vote électronique en Allemagne, l'une de ses premières conséquence sera le retour au votre traditionnel papier pour 2 millions d'électeurs lors des prochains rendez-vous électoraux de 2009 (élection des députés au Bundestag et élections de députés européens), les appareils du fabricant néerlandais NEDAP ne pouvant dès lors être utilisés. L'arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale s'avére désormais une épée de Damoclès pour les fabricants d'ordinateurs de vote qui devront s'assurer que leurs matériels répondent aux exigences de contrôle et de compréhension par tous les électeurs au risque pour l'Etat fédéral d'Allemagne d'avoir à accumuler les contentieux électoraux avec en ligne de mire des annulations de scrutins en cascade.

    La décision de la Cour fédérale constitutionnelle induit l’arrêt de l’utilisation des machines à voter NEDAP en Allemagne car ces matériels électroniques ne pouvant fournir les garanties démocratiques nécessaires. Le célébre club de hackers "Chaos Computer Club" qui se mobilise contre l’utilisation du vote électronique dans ce pays, s'est félicité de la décision de la Cour n'hésitant pas à comparer désormais les ordinateurs de vote NEDAP à des "déchets électroniques". La société néerlandaise NEDAP accuse là un désaveu supplémentaire concernant ses ordinateurs de vote. En 2004, les ordinateurs NEDAP furent déjà mis à l'index en Irlande. Depuis ce sont les 7500 ordinateurs de vote NEDAP achetés à grand frais (plus de 40 millions d'euros !) qui dorment dans un hangar. Début octobre 2007, c'est les autorités des Pays-Bas qui avaient retiré son agrément aux machines NEDAP utilisées jusqu'àlors dans ce pays.

    La France reste de son côté l'un des rares pays européens à encore autoriser l'utilisation des ordinateurs de vote NEDAP lors des rendez-vous électoraux. Le Ministère de l'intérieur français continuant de maintenir l'agrément des ordinateurs NEDAP (attribué en 2004 par le Ministre de l'Intérieur de l'époque, un certains Nicolas Sarkosy !) , faisant la sourde oreille aux alertes qui se succédent depuis 2004 chez nos voisins européens. La stratégie actuelle affichée du gouvernement français consistant à vouloir modifier le code électorale pour rendre légal l'inadmissible en matière d'organisation de scrutins électoraux. On peut désormais en France, s'attendre au pire. Le parti de la majorité présidentielle n'étant pas exemplaire en matière d'utilisation du vote électronique. Formation politique habituée au bidouillage de ses scrutins internes (Canard Enchaîné du 21 janvier 2009). Paradoxe, l'UMP trouve encore des soutiens en matière de régression démocratique chez certains élus socialistes et communistes en mal de modernitude médiatique.

    Aller plus loin :

    - Arrêt de la Cour constitutionnelle fédérale allemande du 03 mars 2009 - 2BVC 3/07 et 2 BVC 4/07 (en allemand)

    - Communiqué de presse de la Cour constitutionnelle fédérale allemande numéro 19/2009 du 03 mars 2009 (en allemand)

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    République fédérale d’Allemagne
    Loi fondamentale du 23 mai 1949

    Source : http://www.droitsdelhomme-france.org

    Article 20 - Fondements de l'ordre étatique, droit de résistance
    (1) La République fédérale d'Allemagne est un Etat fédéral démocratique et social.
    (2) Tout pouvoir d'Etat émane du peuple. Le peuple l'exerce au moyen d'élections et de votations et par des organes spéciaux investis des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
    (3) Le pouvoir législatif est lié par l'ordre constitutionnel, les pouvoirs exécutif et judiciaire sont liés par la loi et le droit.
    (4) Tous les Allemands ont le droit de résister à quiconque entreprendrait de renverser cet ordre, s'il n'y a pas d'autre remède possible.

    Article 38 - Elections :
    (1) Les députés du Bundestag allemand sont élus au suffrage universel, direct, libre, égal et secret. Ils sont les représentants de l'ensemble du peuple, ne sont liés ni par des mandats ni par des instructions et ne sont soumis qu'à leur conscience.
    (2) Est électeur celui qui a dix-huit ans révolus ; est éligible celui qui a atteint l'âge de la majorité.
    (3) Les modalités sont réglées par une loi fédérale.

    Lire aussi :

    - Vote électronique et Parti Socialiste

    P&ampeacute;tition pour le maintien du vote papier
    Actuellement signatures !
  • Confusion n'est pas raison

    retour sur les municipales de 2008

    A l'heure où le personnel politique s'est approprié les outils de marketing pour vendre leur propagande afin d'accéder à des postes de pouvoir ou bien encore pour faire prendre aux citoyens des vessies pour des lanternes, il m'apparaissait intéressant de revenir sur la campagne des municipales de 2008 à Brest loin des joutes passionnées du moment.

    Décryptage.

    Début 2008, les brestois avaient pu découvrir dans leur boîte aux lettres un “magazine” qui dans une consultation rapide, donnait à s’y méprendre l’impression d’être une publication de la Ville de Brest. Magazine de 12 pages qui en réalité s’avérait être le programme électoral de la majorité sortante pour l’élection municipale de mars 2008. Chacun était à même de constater l’étrange similitude entre le maquettage du magazine de la Ville de Brest “Sillage” et cette brochure de communication électorale pouvant contribuer à créer la confusion chez le lecteur (et électeur). Ce choix de mise en page semblait un choix volontaire de la liste “Brest en marche !” menée par le maire sortant François Cuillandre. Pour s’en convaincre de cette volonté de jouer sur cette ressemblance, la mise en parallèle des deux publications enlevait rapidement tout doute concernant cette intention.



    Une Sillage 127

    Une magazine Brest en marche

    La ressemblance saute aux yeux . Une grande photo occupant la majorité de la partie gauche de chaque “Une”. Le même nombre de vignettes (3) dans une colonne à droite de la page.

    En dehors de la reprise du logo de la liste Brest en marche !”, l’identification de l’émetteur du “magazine” de communication électorale n’apparaît pas des plus évidentes. La citation associée à la photo de François Cuillandre ne permettait pas d’apporter l’information sur la nature réelle de cette communication. Communication du maire de Brest ou de la tête de liste au scrutin municipal de mars 2008 ? Des astuces de mise en page amplifiaient la mise en arrière plan de la charte graphique utilisée dans les documents de communication de la liste “Brest en marche !”. Seuls le contenu des pages 8 à 12 apportait aux électeurs brestois une indication sur la nature réelle de ce “magazine”. La page 11 affichant la composition de la liste Brest en marche”. La page 12 nous proposant le visuel officiel de l’affiche de campagne et l’information que “ce document présente les grandes lignes du programme municipal “Brest en marche !” On pourra en passant noter la substilité de la formulation “programme municipal” pouvant entretenir un tant soit peu plus la confusion chez ceux qui n’avaient pas encore compris qu’il s’agissait là d’une présentation des “grandes lignes” du programme électoral de la liste “Brest en marche !” menée par le maire sortant.

    Pour revenir sur le rubricage de ce “magazine” chacun pouvait observer que la ressemblance avec le magazine municipal et communautaire Sillage était savament entretenue pour nourrir cette confusion (portrait de "Tata Dominique", interview d'un conseiller de quartier (sic) , avis d'un "expert" sur la sécurité, tribune du Président du Conseil général, promotion du Tour de France et de Brest 2008...) des premières pages :



    Edito Sillage 127

    Edito magazine Brest en marche

    Où on retrouvait à gauche un édito dans une page constituée de deux colonnes. Les deux éditos étant illustrés par une photo de François Cuillandre.

    Les pages 6 et 7 de ce “magazine” électoral quant à elles composées d’une multitudes de photographies et de courts articles, faisaient étrangement penser à la double page de la rubrique “Grand angle” du magazine municipal. Il suffisait au lecteur à encore mettre en parallèle les deux maquettes pour y trouver des similitudes.

    Pour l’anectode, en mai 2005 lors de la campagne référendaire sur le projet de Constitution européenne, François Cuillandre avait utilisé l’édito de la revue municipale et communautaire “Sillage” pour faire sa propagande pour le OUI. Cette pratique avait amené les élu-e-s PCF et BNC à dénoncer ce mélange des genres. Au printemps 2008, on n'a pas entendu ces derniers s’exprimer sur cette étrange similitude entre la conception graphique de la revue de la Ville de Brest et de BMO avec celle de cette publication de campagne électorale. Le PCF et BNC ayant affirmé leur total soutien à la liste menée par le candidat-maire François Cuillandre avec l'assurance d'avoir des strapontins (docile allégeance dont aussi ont fait preuve les Verts brestois et les membres de l'UDB).

  • Quand l’humour syndical fait le grand plongeon

    Allez, une dernière note pour conclure (pour de bon ?) la série consacrée au petit jeu “je te tiens, tu me tiens...” que se livrent actuellement les sections syndicales FO et CFDT des transports urbains brestois ( ici et , et poétiquement là encore).

    Le fondement de ma pensée m’améne à dire qu’avant de s’exposer syndicalement ou politiquement, il faille s’assurer d’avoir les reins solides. Ce n’est pas les jeunes saisonniers mis en scène par le dessinateur Philippe Vuillemin pour la campagne de communication de la CFDT qui me diront le contraire.

    affiche CFDT - jobs saisonniers Le gars : "Quand je pense que l'annonce disait : "Jeunes, cet été, retrouvez l'ambiance du film "Le grand bleu" en venant travailler à "La grande bleue"! On s'est bien fait avoir !!! "

    La fille : "Pas du tout! Regarde : On fait de la plonge extrême sans respirer une minute, et on nous met bien profond..."


    Et pour terminer en beauté concernant le florilège des visuels de cette campagne de communication, ci-dessous une affiche dont l'émetteur est la CFDT Bretagne. Elle représente un couple d'agriculteur dirigeant au fouet et en chanson quatre pauvres jeunes saisonniers harnachés comme des boeufs tractant derrière eux un soc de charrue.


    affiche CFDT - jobs saisonniers

    L'agriculteur (en chanson et en musique) :"Du nerf feignasses"

    1er jeune : "Si tu veux mon avis, ça sent le tube leur truc !!! ça entre bien dans la tête ! "

    2ème jeune : "Alors ça c'est curieux... Moi aussi je sens un tube, mais ça me rentre plutôt dans le..."

    3ème jeune : "CHUT !

    4ème jeune : Y'en a qui écoutent!"

    Bref, encore du dialogue dans la finesse de la part de la CFDT dans sa communication estivale. Pour l'anecdote, la base line du logo de la CFDT c'est : "des choix, des actes." La CFDT fait le choix de l'humour gras dans ses communications vers le public des jeunes saisonniers. L'acte, c'est FO qui utilise ce même registre de l'humour en dessous de la ceinture pour se moquer de la CFDT et du patronat. La boucle est bouclée .