jeudi, 05 mars 2009

Quand l’humour syndical fait le grand plongeon

Allez, une dernière note pour conclure (pour de bon ?) la série consacrée au petit jeu “je te tiens, tu me tiens...” que se livrent actuellement les sections syndicales FO et CFDT des transports urbains brestois ( ici et , et poétiquement là encore).

Le fondement de ma pensée m’améne à dire qu’avant de s’exposer syndicalement ou politiquement, il faille s’assurer d’avoir les reins solides. Ce n’est pas les jeunes saisonniers mis en scène par le dessinateur Philippe Vuillemin pour la campagne de communication de la CFDT qui me diront le contraire.

affiche CFDT - jobs saisonniers Le gars : "Quand je pense que l'annonce disait : "Jeunes, cet été, retrouvez l'ambiance du film "Le grand bleu" en venant travailler à "La grande bleue"! On s'est bien fait avoir !!! "

La fille : "Pas du tout! Regarde : On fait de la plonge extrême sans respirer une minute, et on nous met bien profond..."


Et pour terminer en beauté concernant le florilège des visuels de cette campagne de communication, ci-dessous une affiche dont l'émetteur est la CFDT Bretagne. Elle représente un couple d'agriculteur dirigeant au fouet et en chanson quatre pauvres jeunes saisonniers harnachés comme des boeufs tractant derrière eux un soc de charrue.


affiche CFDT - jobs saisonniers

L'agriculteur (en chanson et en musique) :"Du nerf feignasses"

1er jeune : "Si tu veux mon avis, ça sent le tube leur truc !!! ça entre bien dans la tête ! "

2ème jeune : "Alors ça c'est curieux... Moi aussi je sens un tube, mais ça me rentre plutôt dans le..."

3ème jeune : "CHUT !

4ème jeune : Y'en a qui écoutent!"

Bref, encore du dialogue dans la finesse de la part de la CFDT dans sa communication estivale. Pour l'anecdote, la base line du logo de la CFDT c'est : "des choix, des actes." La CFDT fait le choix de l'humour gras dans ses communications vers le public des jeunes saisonniers. L'acte, c'est FO qui utilise ce même registre de l'humour en dessous de la ceinture pour se moquer de la CFDT et du patronat. La boucle est bouclée .

vendredi, 27 février 2009

Le ticket chic du printemps des poètes

logo Printemps des poètesDu 02 mars au 15 avril 2009 va se dérouler à Brest le Printemps des poètes. Comme l’annonce les organisateurs, le rire en rimes sera le fil conducteur de l’édition 2009 de cette sympathique manifestation qui verra se succéder expositions, animations, lectures et rencontres. Le préambule proposé par les organisateurs annoncent d’amblée l’état d’esprit de l’événement :

Les gens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux” Alphonse Allais.
La onzième édition du Printemps de poètes nous invitent à “En rire(s)” et à découvrir Jean Tardieu, poète et dramaturge. Cette invitation est bien venue. Parce que, en ces temps troublés, toutes occasion de rire est à saisir et que la découverte et redécouverte de la poésie par le biais de l’humour s’avère variée et passionnante. Ainsi que le présente Jean-Pierre Siméon, directeur artistique de l’événement “C’est mal connaître la poésie que de la cantonner à une gravité sourcilleuse, austérité, spleen et mélancolie! ... Oui, tous les rires sont dans la poésie, sauf le vulgaire et le mesquin, car même s’il rit, le poète reste poète : questionneur, rebelle et éveilleur de conscience”.


“vulgaire”, “mesquin”... là c’est sûr, cette année les sections FO et CFDT des transports urbains brestois ( ici et ) seront disqualifiés d’office et ne pourront participer au concours mis en place par l’association Red An Amzer autour de la rédaction de poèmes sur un ticket de bus sur le thème de “l’instant joyeux”. Nos deux instances syndicales pourront se dire qu’elles seront en pôle position si un concours de la satire syndicale est lancé à Brest.

En lot de consolation, je propose aux disqualifiés de concourir à leur place avec mon petit poème à moi.

poêticket ticket bibushumour de bus
abus d’humour
humour suspect
désamour sans paix



Après l’humour choc, un ticket chic en quelque sorte.

- Blog des poétickets
: http://poetickets.over-blog.org

mercredi, 25 février 2009

Annus horribilis

2009, année noire pour l’humour syndical brestois ? Quand un syndicat n’a pas autre chose à faire que de porter plainte contre un autre syndicat à cause d’un dessin humoristique qui ne le présente pas à son avantage.

affiche CFDT - jobs saisonniers - vos droits ne sont pas en vacances - dessin de VuilleminVraiment outragée et injuriée la CFDT par le dessin que FO a utilisé dans un tract diffusé aux chauffeurs du réseau de transports urbains brestois ? L’on peut s’interroger sur le caractère vraiment sérieux de la requête que souhaite défendre la CFDT en mettant en branle une procédure judiciaire pour faire condamner un autre syndicat au regard d’une divergence d’appréciation humoristique. Il est vrai que la caricature en dessous de la ceinture est beaucoup plus drôle quand elle s’attaque au voisin et l’est beaucoup moins quand l’on en est la victime. Pour s’en rendre compte il suffit de ne pas aller bien loin pour en avoir la démonstration. Pas plus loin que la vitrine du siège brestois de la CFDT ou majestueusement est affiché le visuel de la campagne de communication à l’intention des jeunes qui recherchent un job saisonnier. L’affiche est illustrée par un dessin de Philippe Vuillemin reconnu et apprécié par les puristes pour son style assez trash. Le dessin représente deux jeunes debout dans un champ écoutant les consignes d’un personnage à l’allure rustre agenouillé de dos en train de ramasser des fraises. Les dialogues des personnages sont assez croustillants et sont représentatifs de l’esprit humoristique du visuel :

L’agriculteur : “... Bon, je vous explique les enfants : la meilleure manière pour ramasser les fraises, c’est de se mettre à quatre pattes, comme ceci... "

L’un des deux jeunes : “ Et pour se faire payer ? on garde la même position ? "

Autrement dit si le jeune salarié estival n’écoute pas les bons conseils prodigués par le syndicat CFDT, il risque fort de se faire enc...., pardon, sodomiser par son employeur. En français bien léché dans le texte l’on dit plutôt se faire avoir.

Bref, au lieu de vouloir faire des procès en sorcellerie pour lèse pudibonderie, il serait de bon ton pour la section CFDT de Brest de se renseigner sur le style humoristique qu’utilise son propre syndicat dans ses campagnes d’information nationale. Avant de transformer le 03 mars prochain le tribunal de Brest en un salon de la bande dessinée, il serait fort judicieux pour la CFDT de réfléchir si elle souhaite véritablement maintenir sa plainte contre le syndicat FO, au risque que cette procédure futile lui revienne à la figure comme une vulgaire tarte à la crème.



Sur le même sujet :

- Cachez moi ce dessin qu'ils ne veulent pas voir

mardi, 24 février 2009

Cachez moi ce dessin qu’ils ne veulent pas voir

Dans l’édition de Ouest-France du 21 février 2009, la journaliste Sophie Maréchal évoque l’assignation portée par la CFDT locale contre le syndicat FO. Au cœur du conflit, un tract diffusé le 09 janvier 2009 par FO au personnel de la société de transports urbains brestois BIBUS (Groupe Kéolis). Tract qui a été illustré par l’adaptation d’un dessin de presse du dessinateur Carali que la CFDT brestoise qualifie aujourd’hui de “pornographique”. Si l’on se reporte à la description que fait Ouest-France de la reproduction du dessin de Carali, l’on y reconnaîtrait la CFDT incarnée par une personne se faisant sodomiser par un patron fumant le cigare. A côté, FO portant une ceinture de chasteté.

dessin de Carali - Siné Hebdo no 16 page 7 - mercredi 24 décembre 2008La liberté d’expression syndicale s’arrêterait t-elle où commence l’expression de fausse pudibonderie de façade de ceux qui en font les frais ? Au final, les postures de “Père la morale” mises en avant par la société BIBUS et la CFDT apparaîtraient suspectes. A croire que la perche polémiste proposée maladroitement par le choix d’illustration de FO servirait bassement à l’opérateur de transports urbains et au syndicat caricaturé pour faire évacuer du débat le fond des revendications évoquées dans le document incriminé. La société BIBUS, par sa procédure de référé pour interdire la diffusion du tract semble déjà avoir gagné la première manche. A contrario, les procédures juridiques conjointes de BIBUS et de la CFDT apporteront désormais une visibilité nationale à une communication syndicale qui au départ n’ambitionnait qu’à se restreindre à la cible confidentielle des chauffeurs de la compagnie de transports brestois. En dehors d’éventuellement considérer de mauvais goût le choix du dessin humoristique fait par FO afin d’illustrer sa perception d’un soi-disant manque de combativité du syndicat majoritaire CFDT dans ses démarches revendicatives auprès de la direction de BIBUS, l’on arrive rapidement à la conclusion qu’il n’y avait pas là de quoi casser trois pattes à un canard, fut t-il enchainé. Où l’on comprend bien vite que l’appréciation artistique de l’illustration en question aurait pu se régler les yeux dans les yeux entre BIBUS et les deux syndicats et non dans l’enceinte d’un tribunal.

L’on ne peut que souhaiter bien du courage et un bon sens de l’humour au juge qui aura à trancher sur le caractère ou non “pornographique” du dessin incriminé avec le risque d’encourager les ligues de la bonne vertue locale à se mettre rapidement en campagne afin d’obliger le maire de Brest a arrêter de proposer à consultation des journaux satiriques dans les bibliothèques municipales. Publications qui en matière de dessins humoristiques à l’expression souvent tendancieuses auraient de quoi faire oublier son catéchisme à un premier communiant un dimanche de Pentecôte. Espérons tout de même, qu’à la veille du rassemblement syndical unitaire prévu le 19 mars prochain, que nos deux organes syndicaux brestois prennent enfin langue pour revenir à des rapports militants plus conventionnels... et moins scabreux.

Sur le même sujet :

- Annus horribilis

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Note au lecteur... à BIBUS et à la CFDT

Depuis le 29 janvier 2009, suite au référé de BIBUS, le syndicat FO a interdiction de diffuser le tract en question sous peine d’une amende de 100 euros par infraction constatée. Cela étant, le dessin original dont l’adaptation brestoise a été mis en cause, est extrait d’une AUTRE publication (Siné Hebdo numéro 16 - mercredi 24 décembre 2008 - page 7 ), il peut donc être considéré comme un élément d’information à part entière et peut de fait être diffusé dans sa version originale indépendamment du document de FO. A noter que seule la légende proposée par le dessinateur Carali a été modifié par FO. D’après l’information qui m’a été communiqué, la mention “bon cholestérol” a été remplacée par “bon négociateur”, “mauvais cholestérol” par “mauvais négociateur” et “CFDT” a été rajouté sur la valise du personnage sodomisé.

Parallèlement, la liste des revendications portées par le syndicat FO a toute légitimité à être diffusée à partir du moment que ne figure pas sur le même support de communication (en l’occurence un tract) le dessin modifié.

 

vendredi, 13 juillet 2007

Conseils de quartier et militance politique

Dans le courrier des lecteurs du Télégramme du 13 juillet 2007, Fabien Le Bihan présenté comme membre du conseil consultatif de quartier de Brest-Rive droite, s'exprime à propos de la fermeture de huit mois du pont de Recouvrance, envisagée dans deux ans. Monsieur Le Bihan est par ailleurs militant au Parti Socialiste. Au delà du point de vue de l'intéressé, je laisse libre à votre réflexion la pertinence de la présence de militants politiques dans les conseils de quartier. Outre leur légitimité démocratique à pouvoir y participer, l'on peut s'interroger par les stratégies d'influence qui pourraient tenter certaines formations politiques en invitant ouvertement leurs militants à y postuler massivement. Se référer à sa présence dans un conseil de quartier pour servir la propagande d'une majorité ou son opposition politique à une municipalité n'est en soit pas neutre. Les conseils de quartiers doivent t-ils être une tribune supplémentaire aux partis politiques ? L'on ne pourra certes pas l'empêcher. Certaines formations évoqueront le dynamisme civique de leurs militants. Cela dit, cette culture des organisations de vouloir parfois (souvent ?) verrouiller les instances d'expressions citoyennes par leurs militants risquerait à terme de scléroser définitivement des conseils de quartiers qui ont du mal à trouver une légitimité auprès de la population. Déjà que l'on pouvait déjà craindre que la présence d'élus à leur présidence pouvait déjà orienter ou fermer certains débats. La posibilité pour chaque citoyen de pouvoir assister et s'exprimer lors des séances des conseils consultatifs de quartier, tout en leur donnant un véritable sens démocratique, contribuerait certainement à éviter la tentation de ce type de dérives politiciennes fort prévisibles.

vendredi, 05 mai 2006

Tramway ou trolleybus à Brest ?

C'est plus fort qu'eux, nos élus ont pris l'habitude de prendre les brestois pour des gogos. Ainsi, concernant le choix d'un matériel roulant pour le projet en site propre brestois, la dernière marotte d'Annick Cléach serait de nous faire prendre un trolleybus guidé pour un tramway en introduissant la notion de "tramway sur pneu" plus médiaquement vendeur.

Il suffit de consulter un dictionnaire pour comprendre ce qui fait la différence entre ces deux modes de transport.

Voici donc reformulée à l'attention de madame Cléac'h et des autres membres de la communauté urbaine de Brest (BMO) une fois de plus la définition du Petit Larousse concernant ces deux modes de transports urbains :

Tramway : Chemin de fer urbain, établi au moyen de rails posés, sans saillie, sur le profil de la route ou de la rue. - Voiture qui circule sur ces rails.

Trolleybus : Véhicule électrique de transport en commun, monté sur pneus, avec prise de courant par trolley et fils aériens.

En espérant que cette piqûre de rappel pédagogique mettent enfin nos élus sur le bon rail...


A lire aussi :
- Contribution de M. Decaux (01/12/2002) au Forum officiel sur le projet "tramway" :
Tramway ... trolley... la différence ?

mercredi, 03 décembre 2003

Un tramway à Brest : Carence démocratique

Fin novembre 2003, dans la presse locale, M. Cuillandre maire de Brest et président de la CUB rappelait " qu'une Communauté urbaine n'est pas une collectivité territoriale mais un établissement public ", précisant l'absence, à son grand regret (sic), de la désignation des organes de l'intercommunalité au suffrage universel. On notera que si les structures communautaires peuvent apparaître comme des outils pertinents, de plus en plus de compétences leur sont confiées au détriment des communes. Dans un contexte général oú l'on nous parle de décentralisation , afin nous dit-on de rapprocher les organes décisionnaires des habitants, on ne peut que constater que dans la réalité tout est fait pour les en éloigner, limitant aux habitants le simple rôle de consommateurs de services... et de contribuables. Alors comment trouver normal que les communautés urbaines (ou communautés de communes) puissent à la fois percevoir des taxes locales sans que les habitants puissent sanctionner ou encourager l'utilisation des fonds ainsi récoltés. Concernant le sentiment d'hostilité de certains habitants de la CUB face au projet detramway à Brest, il peut trouver entre autre son origine dans l'absence de réelle " concertation " avec la population. En effet, au delà de la sémantique communautaire, il n'a été proposé qu'une simple opération de communication autour d'un projet pré-décidé. On se souvient qu'en octobre 1990, 80% des 50 000 électeurs qui s'étaient exprimés lors d'un référendum avaient rejeté un projet de réseau de tramway-bus sur l'agglomération brestoise. Cela étant, la mise en place obligatoire d'un PDU (Plan de Déplacement Urbain) dont l'enquête publique ne fut pas à la hauteur des enjeux, amena en 2002 les décisionnaires de la CUB à entreprendre une réflexion autour des transports urbains. Fort légitimement la population exprime aujourd'hui son souhait de participer à un choix qui engage les finances de la CUB pour plusieurs années. Référendum (caractère décisionnaire) ou consultation pour avis, il s'agit là bien encore d'une question de vocabulaire, bien qu'un référendum concernant ce dossier soit législativement impossible aujourd'hui. S'abstenir du caractère solennel d'une nouvelle consultation populaire ne pouvait se comprendre que si la CUB avait consacré un vrai " temps démocratique " à la construction d'une réelle " concertation " dont malheureusement les habitants de l'agglomération brestoise semblent avoir été privés. A un moment oú le personnel politique nous évoque la " démocratie participative " dans leur propagande politicienne, il serait pertinent que ces derniers passent enfin des mots à l'usage. Quant au choix d'un tramway ou d'un réseau de bus en site propre, cela reste un autre débat !