samedi, 03 octobre 2009

Les régionales 2010 dans les starting-blocks

Bretagne : élections régionales 2010L’on ne parle que de cela depuis quelques semaines dans les milieux politiques autorisés. Non pas du taux d’abstention important lors du dernier scrutin européen, ni de la dernière tenue vestimentaire de Rachida Dati, encore moins du “je te tiens tu me tiens” socialiste entre Mesdames Aubry et Royal pour savoir qui a le plus bourré les urnes lors de leur scrutin interne... mais bien du prochain scrutin des régionales qui aura lieu en mars 2010. Du duel UMPiste entre Jacques Le Guen et Mme Malgorn qui occupa les gazettes locales durant l’été ou bien encore le nouveau pas de deux du PCF qui n’ose pas (encore) dire qu’il faira une alliance de premier tour avec le Parti Socialiste pour assurer des postes et les émoluments qui y seront associés histoire de continuer à graisser un appareil communiste bien toussotant, l’actualité me titillait trop l’oreille pour m’inviter à réitérer l’exercice blogophilesque qui m’avait occupé durant la non-campagne des municipales à Brest. Tant pis donc pour les grincheux, les régressifs et les professionnels du retournement de veste et de l'idéologie à géométrie variable, c’est reparti pour deux tours.

- Bretagne régionales 2010 : carnet de campagne

jeudi, 07 mai 2009

Le coût brestois du refus du fichage ADN

300 euros d’amende avec sursis. C’est la sanction que viennent de recevoir quatre militants du collectif Casss-paPIERs (Collectif d’Actions de Soutien et de solidarité envers les personnes Sans-papiers) qui avaient refusées un prélèvement ADN (Acide DésoxyriboNucléique) lors d’une garde à vue de 13 heures suite à une arrestation par les forces de l'ordre lors d’un collage d’affiches militantes sur les murs brestois en novembre 2007.

Tout citoyen, militant associatif ou politique serait t-il désormais un délinquant potentiel en puissance ? La présomption de culpabilité supplante désormais la présomption d’innocence pour des délits même non commis et sortis de l'imagination de certains fonctionnaires de police. Telle semble la philosophie qui accompagne désormais les gouvernements successifs autour de l’évolution de la législation concernant le fichage génétique et derrière laquelle se cachent des pandores zélés pour se permettre des interpellations arbitraires et criminaliser ceux qui ne plient pas l’échine. Car refuser de se soumettre à un prélèvement ADN est devenu un délit pouvant entraîner jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour les mis en cause et les condamnés pour délits, et jusqu'à 30 000 euros pour les condamnés pour crime. Et pas la peine donc d’être coupable pour subir un prélèvement d’ADN. Un simple soupçon suffit. Question de savoir-vivre capitaliste, les législateurs auront tout de même eu l’élégance subtile d’exclure du prélèvement génétique les auteurs de délits financiers (loi pour la Sécurité Intérieure) !

Quand on a rien à se reprocher, pour quoi refuser un prélèvement ADN ?” Tel est le discours populiste des personnes qui se satisferaient d’un état policier. Christain Estrosi, jusqu'au-boutiste sécuritaire de l'UMP n’hésita pas à déclarer en 2007 que “les citoyens seraient mieux protégés si leurs données ADN étaient recueillies dès la naissance” (Le Monde 17/01/2007). Et pourquoi pas le tatouage d’un code barre et l’implant d’une puce électronique sous la peau dès la naissance tant qu’on y est ? Le fichage génétique généralisé, tel est aujourd’hui le fanstasme avoué de ces politiciens animés de l’arrière-pensée d’un contrôle social de la population. Lorsque l’on apprend que le fichier de la sécurité sociale et son “numéro de sécu” créé par le gouvernement de Vichy en 1941 avait été utilisé durant la guerre d’Algérie pour identifier les personnes selon des éléments ethno-religieux, l’on comprend aisément quelle pourrait être l’utilisation perverse qu’un tel fichier génétique généralisé dans les mains d’un gouvernement aux aspirations totalitaires et xénophobes.

Si la découverte de l’ADN reste une avancée scientifique incontestable dans le cadre de résolution d’affaires délictueuses ou criminelles, la présence d’une trace ADN d’un individu sur un lieu de crime ou de délit doit toujours être appréciée avec circonspection par les équipes d’investigation judiciaire. L’ADN ne fait pas obligatoirement preuve et ne s’avére pas fiable à 100%. La spéculation sécuritaire qui entoure cependant l’évolution législative du fichier FNAEG (Fichier National des Empreintes Génétiques) introduit légitimement des inquiétudes face à la dérive des prélèvements systématiques et arbitraires. Refuser alors le prélèvement de son ADN alors qu'on n'a commis aucun délit ou aucun crime doit être considéré comme un acte de résistance politique et doit être apprécié comme tel par les juridictions saisies. La relaxe doit de fait s'imposer en place et lieu de sanctions d'intimidation qui n'intimideront jamais ceux qui défendent pacifiquement leurs convictions politiques.

Aller plus loin :

- Loi pour la Sécurité Intérieure

- Articles du Code Pénal régissant le fichage ADN
(articles 706-54, 706-55, 706-56)

- Brochure d’information et de soutien contre le fichage ADN

- Refuser le fichage ADN - Pourquoi ? Comment ?

- http://refusadn.free.fr

- Contact du Collectif anti-répression brestois :
soutien11novembrebrest@riseup.net

vendredi, 05 décembre 2008

Vers le retour des scrutins démocratiques à Brest ?

La chose n’est pas passée inaperçue. Ce sont de bonnes vieilles urnes traditionnelles qui ont été utilisées à Brest pour le scrutin des élections prud'hommales. Les salariés/électeurs auront eu ainsi la garantie que leur choix a été bien le reflet de la réalité avec la possibilité qu'un recomptage soit possible en cas de contestation. Le retour à l’utilisation des urnes transparentes par le service élections de la Ville de Brest pour l’organisation de l’élection prud’hommale s’affiche donc comme une véritable révolution dans la cité du Ponant. En effet depuis quatre longues années, ce sont d’opaques ordinateurs de vote qui étaient imposés par la municipalité aux électeurs brestois lors des rendez-vous électoraux.

Quand le PS brestois aime les urnes transparentesL’observateur attentif aura aussi noté que ce choix des urnes transparentes avait aussi dernièrement été fait localement par les socialistes lors de leur vote interne pour le choix de leur premier secrétaire. Les socialistes brestois auront pu sûrement apprécier d'avoir matériellement quelque chose à recompter (sic). Même la droite brestoise par la voix de son délégué de Brest-centre s'était ironiquement laissé aller à faire l'apologie du contrôle citoyen dans l'éventualité d'un nouveau duel Aubry/Royal en se disant prêt à "apporter sa contribution par l'envoi d'observateurs indépendants, dans le but unique d'aider l'oppostion (NDLR : nationale) à retrouver son statut dans notre démocratie.".

Avec un soutien aussi volontariste de l’UMP locale, qu'attend donc désormais la municipalité brestoise pour officialiser la mise au rebut de ses ordinateurs de vote NEDAP qui ne répondent pas depuis le départ aux exigences de scrutins démocratiques et dont les carences ont été mises en avant dans de nombreux pays européens. Quel crédibilité auraient demain nos élu-e-s s’ils imposaient toujours d'une façon totalitaire aux électeurs l’utilisation de machines à vote opaques et invérifiables lors des prochaines échéances électorales ?

vendredi, 01 février 2008

Radotage démocratique

Alors que des “progressistes” brestois se satisfont de la fin du contrôle citoyen dans le processus électoral introduit par l’utilisation d’ordinateurs de vote opaques et invérifiables, un peu de recul géographique semble un tant soi peu pertinent. Pour mieux appréhender localement les finalités d’un débat qui dépasse nos frontières, je me permets de vous faire partager l’opinion d’un américain résidant en Suisse à qui il a été demandé d’apporter son regard sur les élections américaines. L’article a été publié le jeudi 31 janvier 2008 dans le journal genevois “Le Temps”.

Andy Sundberg, diplômé de l'Académie navale des Etats-Unis et de l'Université d'Oxford, qui a donc a priori un encéphale hautement plus développé que votre rédacteur, affirme que “l'ombre du doute et de la suspicion plane malheureusement sur les résultats des dernières élections présidentielles aux Etats-Unis, surtout dans les Etats utilisant des machines à voter électroniques.

Les “petits bras” polémistes et les personnes à courte vue me répondront sûrement que les ordinateurs de vote utilisés aux Etats-Unis ne sont pas les mêmes que ceux utilisés en France. J’en conviens d’avance. Mis à part cela, vous constaterez que le fond du débat reste le même, qu’on soit en France ou en Floride.

L’auteur de l’article s’attarde sur les causes de ces doutes : problème de fiabilité, impossibilité de recomptage, possibilité de programme malveillant pouvant modifié la réalité des votes... n’hésitant pas à dénoncer que dans son pays “...des efforts acharnés ont été déployés afin d'étouffer ou de discréditer tout débat à ce sujet.

... Comme chez nous en France. Etonnant non ?

Andy Sundberg développe son propos en mettant en avant l’absence de trace écrite ne permettant pas un recomptage. Sans surprise, les mêmes résistances pour maintenir cette opacité sont aussi évoquées : “ ...Mais si on ajoute un système utilisant du papier, alors à quoi bon avoir des machines aussi chères?” , les préposés de nombreux bureaux de vote de considérer une vérification par le papier comme “un gaspillage d’argent”.

Andy Sundberg convient que développer des machines électroniques capables d’inventorier rapidement les résultats semblait une bonne option face à la complexité des scrutins américains. Quoiqu’il en soit il constate aujourd’hui que “des questions de coût et de vulnérabilité technologique semblent suggérer que cela n'a fait qu'empirer les choses.”.

Face à ce constat, l’américain fait appel à son bon sens pour proposer une procédure électorale simple reposant sur un vote papier permettant un dépouillement rapide tout en garantissant aux citoyens une possibilité de contrôle de l’élection et d’un recomptage manuel si celui-ci s’avérait nécessaire en cas de divergence présumée.

Andy Sundberg conclue que “... La machine à voter électronique était la mauvaise réponse à une question inutile. Elle était bien trop ingénieuse. Le progrès va consister à revenir en arrière et à utiliser une modeste feuille de papier. Espérons que cela sera bientôt le cas. La place de ces machines électroniques est dans un musée, pas dans les isoloirs américains.

Pour en revenir à la France, l’on apprend aujourd’hui que, pour sûrement ne pas se mettre à dos les élus locaux, Michèle Alliot-Marie va malheureusement autoriser l’utilisation des ordinateurs de vote NEDAP lors des élections municipales de mars prochain. Fort de ce parapluie institutionnel, de bonnes âmes “progressistes” vont sans doute encore nous entonner leur petite complainte pour dénigrer à Brest ceux qui depuis quatre ans continuent à revendiquer le droit que leur vote soit bien attribué au candidat de leur choix ainsi que ceux qui revendiquent qu’un contrôle citoyen du bon déroulement des scrutins puisse avoir lieu, chose impossible à Brest depuis 2004.

Vivement le retour au progrès souhaité par Andy Sundberg. Vivement le retour à la démocratie.


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Actuellement signatures !

Pétition disponible sur le site internet Ordinateurs-de-vote.org
Citoyens et informaticiens pour un vote vérifié par l'électeur

samedi, 26 janvier 2008

Un dernier vers pour la route

Ce vendredi 25 janvier s’est déroulé la 37 ème et dernière représentation du conseil municipal de cette mandature. Pas de grandes surprises dans la mise en scène, la pièce ayant été maintes fois jouée. Côté public, quelques jeunes premiers qui secrétement se voyaient déjà monter sur scène. Après un hommage du maire à la mémoire de Jean Guéguéniat, après des remerciements à ceux qui ont fait le choix de ne pas repartir en tournée électorale, la piéce peut commencer. Les dialogues s’égrennent au fur et à mesure des délibérations.

Fortuné Pellicano toujours habité par son personnage semblait avoir consulté sa boule de cristal : “les brestois ne se tromperont pas les 9 et 16 mars”, persuadé, “que le futur maire de Brest est dans la salle”. François Cuillandre de compléter “qu’il y aussi du monde dans la tribune”. Ben oui, fallait pas croire que la piéce se joue uniquement avec les acteurs qui avaient le droit de déclamer leurs tirades. Sacré Fortuné, pressé d’être au soir du second tour ? Toujours le mot d’auteur. Ce n’est pas du Audiard mais l’acteur a son public. Alain Masson en arrive à lui donner du “camarade”. Je vous le dis, du grand théâtre. Après allez vous étonner que l’on parle de droitisation du PS.

L’on va finir par sortir nos mouchoirs” déclama amusé Gérard Cabon. Pour Jean Champeau, le conseil municipal restera “un grand théâtre d’expression où les acteurs sont plus soucieux des effets de manche”. Et puis le cri du coeur du même Jean Champeau qui a décidé de quitter la scène : “Je ne vous aime pas tous... mais je vous aime tous bien”. Ambiance dans les rangs de l’opposition. Quelques scènes et délibérations plus tard, madame Péron de renvoyer Jean champeau à la lecture de son journal : “Tout ce qui est excessif est insignifiant”. Un point partout. Les actes se succédent les uns après les autres. Pour un final, Gaëtan Le Guern nous la joue sobre. Assistance admirative devant l’adjoint communiste qui avait habitué ses partenaires aux longues tirades interminables. Chapeau bas. "Les moissons de nos champs ne lassera les faucilles, les fruits passeront les promesses des fleurs”, du Malherbe cité par Jean-Yves Le Borgne. N’en jetez plus. V'là l'UMP qui jacte en alexandrins. Ce n’est plus un conseil municipal mais le Minisitère de la culture. Promesses, promesses... Tiens cela ne vous rappelle rien ?